© Simon Najard

Historique de l'association

Des informations et des documents sur notre association depuis 1959.

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Les Présidents de LA TRUITE CAUCHOISE de 1950 à 2017

1950/1958 Mr TERRAIL
1958/1962 Mr DEBRIS
1962/1972 Mr SAUTREUIL
1972/1979 Mr ALBERT
1979/1986 Mr LEPORT
1986/1994 Mr LECOQ
1994/2002 Mr VERDONCK
2003/2015 Mr CHAPELLE
2016/2016 Mr JOLY
2016/.... MR SOUDRY

 


C'est fou ce que le modeste registre des assemblées d'une association peut raconter sur une époque, une ambiance sociale, une activité.
Il y a la façon de l'écrire, de résumer les choses, de dire ou de taire des événements. Il y a les centres d'intérêt, le style "littéraire", le type d'encre aussi (bic ou stylo ?), la graphie des écritures…
Puis apparaissent les premiers textes faits à la machine à écrire. Ceux de La Truite Cauchoise datent de 1987. L'utilisation d'ordinateur et d'imprimantes commencera en 1993.
Nous proposons de publier ici de brefs extraits de ces registres et quelques-unes des réflexions qu'ils nous inspirent.
Pour l'instant nous nous en sommes tenus à la période qui court de l'assemblée constitutive de 1950 jusqu'à 1972.
Par la suite, tous les ans lors de chaque remise à jour du site, nous ajouterons quelques années supplémentaires. Nous découvrirons d'ici quelques mois certains des événements de l'Association qui se sont passés entre 1973 et 1979.

Bonne lecture !

La Rédaction.

Le premier registre de l'Association (1950-1995) :

Quelques extraits du livre entre 1951 et 1972


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La 1ère assemblée de La Truite Cauchoise s'est déroulée le 4 mars 1951.

16 mars 1952 (P. 8 )

Réempoissonnement dès le début et problèmes de pollution déjà mis en avant par l'Association bien avant la grande prise de conscience collective qui aura lieu des dizaines d'années plus tard.

30 000 nouveaux alevins ont été immergés.
Par ailleurs Monsieur TERRAIL (ndlr : le Président) fait connaître qu'un industriel fera un don anonyme comme suite à une pollution effectuée… il y a deux ans !!! Il signale également que des pêcheurs en défaut dans le secteur de la société ont versés différentes sommes à titre de transaction et signale l'efficacité de la surveillance exercée.
Monsieur TURMEL fait remarquer que les petits qui sont pincés paient toujours mais que les gros paraissent tabous. Plusieurs membres approuvent cette intervention.
Une nouvelle démarche sera faite auprès de l'industriel intéréssé afin qu'il précise ce qu'il compte faire pour compenser la pollution. Le dernier cas de pollution est alors exposé par le Président. Il a motivé une descente des Eaux et Forêts qui ont fait une enquête sur place.

Et démocratie…

Un sociétaire faisant remarquer que la majorité des membres du bureau dispose de pêches particulières, demande qu'un représentant des pêcheurs sur les ponts trouve place au bureau.
Monsieur Terrail approuve pleinement cette initiative et fait remarquer que toutes les bonnes volontés seront accueillies
.
Ce seront deux représentants qui seront élus : Messieurs Bertel et Turmel. Le début d'une évidente "démocratie" … qui n'empêche pas d'évoquer certaines réserves sur les "personnes résidant hors du rayon de la Société"…:

La question des cartes quotidiennes aux membres étrangers à notre association vient alors en discussion. Il est décidé que cette carte sera délivrée au prix de 100 F. Demande sera adressée à la Fédération pour savoir s'il est loisible de refuser une carte annuelle à une personne résidant hors du rayon de la société.

Il faut bien l'admettre, une certaine méfiance à l'égard des pêcheurs "horsains" (les "étrangers") était aussi à l'évidence l'une des raisons de la constitution de notre Association. Les Havrais étaient les premiers visés. Certains s'en souviennent.
A cette époque, en 1952, rien de bien surprenant….

 

8 mars 1953 (P.11)

Voici, dès 1953, les premières notes concernant le problème très souvent évoqué de la buse qui régule l'arrivée des eaux de la Valmont dans les eaux maritimes.

Pêche à la buse.
Un pêcheur soulève la question de la pêche à la buse, pour laquelle l'Inscription Maritime aurait délivré plusieurs autorisations.
Il est décidé qu'une lettre sera adressée à Monsieur l'Administrateur de la Marine pour l'inviter à retirer les autorisations accordées.

Et ceci ….

Après discussion, en vue de limiter le nombre de cartes, le nombre de 300 est adopté.

Limiter le nombre de cartes de pêche ! La situation était manifestement bien différente qu'en ce début de XXI ème siècle…

20 mars 1955 (P. 16)

Quelques sociétaires font remarquer que des enfants ont été pris à braconner. Il est demandé que les gardes agissent avec autorité contre les délinquants précoces.
Certaine personnes demandent si il n'est pas possible de limiter l'âge pour délivrer le permis.
Monsieur Mutel signale qu'après avoir pris des renseignements, il n'est pas possible de limiter l'âge……
…. Plusieurs membres estiment que les permis ne devraient être délivrés qu'aux habitants des cantons de Fécamp, Valmont et Goderville, pour éviter que des pêcheurs venant d'assez loin viennent opérer dans les lots de la Société.
Pêche frauduleuse.
La pêche aux œufs de saumon est discutée, car plusieurs membres locaux précisent que ce sont souvent ceux qui viennent de l'extérieur qui utilisent des procédés interdits. Cependant des membres de la société on été vus pêchant de façon frauduleuse.
Il est décidé de retirer le permis pendant un an aux sociétaires fautifs….

Certains membres font remarquer qu'au moment de l'ouverture les lots de la Société sont envahis par des havrais….

Quelques lignes plus loin

Reprenant la parole, Monsieur Terrail pose la question de savoir si nous devons adopter certaines restrictions en ce qui concerne l'admission des étrangers.
Pour l'année prochaine, il est décidé de dénombrer les étrangers et de limiter le nombre des permis….


Cinq gardes fédéraux sont en action permanente et plus de 600 procès-verbaux ont été dressés.

 

18 mars 1956 (P.19)

Vaches grasses !

Vient ensuite l'exposé financier présenté par Monsieur Albert.
La caisse disposait en 1955 de 167.955 francs
Enregistrant les cotisations de 449 membres en 1955, la caisse disposait alors de 478.845 francs.

La limitation des cartes ne semblent pas avoir eu beaucoup de succès…L'exposé se poursuit :
Les dépenses s'élévant à 212.761 F il restait donc 266.084 F. Sur cette somme, l'alevinage restait à régler (100.000 F environ).
Le compte-rendu financier est adopté à l'unanimité.

Des procès-verbaux à la pelle.

Monsieur Terrail, Président, fait remarquer que la surveillance effectuée par les gardes est toujours efficace. C'est ainsi que durant la dernière saison, 150 procès-verbaux ont été dressés.

Et encore les jeunes…

Plusieurs membres font savoir qu'il existe de jeunes délinquants dans la partie basse de la rivière.
C'est ainsi que les truitelles immergées l'année dernière et ne faisant pas encore la taille sont emportées sans vergogne par ces jeunes fraudeurs.
Par ailleurs et toujours dans cette zone (disons pour préciser qu'il s'agit de la partie comprise entre la turbine Loisel et le pont de l'hôpital) ces mêmes jeunes ont trop tendance à utiliser les grosses cuillers comme grappin.
Une surveillance spéciale sera exercée l'année prochaine.

Qu'on se le dise !

10 mars 1957 (P.21)

383 permis.

Repeuplement : un article de journal relatant qu'une A.P.P a fait immerger de grosses truites provoque une discussion entre quelques membres. Est-il dangereux d'imiter cette société en immergeant quelques grosses truites destructrices d'alevins ?
Il est décidé en fin de compte d'affecter éventuellement 30 000 fr à l'achat de grosses truites qui seraient immergées après la fermeture. Par ailleurs les sommes disponibles seront consacrées à l'achat de truitelles.
Un moment envisagé, l'achat de saumons de fontaine est finalement abandonné.

Les havrais, ces étrangers.

Par ailleurs Monsieur Mutel, Vice-Président, relate également une affaire de braconnage par des havrais.

Il déplore que certains jugements rendus désapprouvent l'action des gardes au bénéfice des sujets suspects et déclare également qu'il a l'intention de démissionner.

22 mars 1959 (P.29)

Il était déjà question des jeunes en 1955 et en 1956. Quatre ans plus tard le ton se durcit encore un peu plus… Toute une époque !

Le Président (Mr DEBRIS) informe les membres que la surveillance sera renforcée et que les jeunes et autres qui prendraient des poissons ne faisant pas la taille seront impitoyablement poursuivis. Il ne sera accepté aucune transaction et le permis sera retiré, ainsi qu'il nous l'a été précisé à la réunion générale des A.P.P. Nous avons le droit et même le devoir d'éliminer les brebis galeuses, trop de pêcheurs conservent des prises ne faisant pas la dimension.
Tant que cet état d'esprit persistera et tant que la pêche ne sera pas considérée comme une distraction et que certains pêcheurs ne verront dans les prises qu'une source de revenus, il n'y a aucune amélioration possible, car l'alevinage et l'immersion de truitelles ne compenseront jamais les prises.

(Pollution avec l'Huilerie Bordelaise)… la situation s'améliore semble t-il : Ainsi après des années et des annnées où la pollution délibérée a pu s'exercer, nous obtenons enfin satisfaction contre une usine considérée jusqu'alors comme l'ennemi n° 1 des pêheurs Fécampois.
Le Président DEBRIS informe les membres que l'objectif principal maintenant est la sucrerie de Colleville. En effet…..


(P.31) Une fois encore le problème de la buse est encore à l'ordre du jour. Le Président est partisan de l'interdiction formelle de tous les pêcheurs, sans exception….
Mr TURMEL se fait de son côté l'interprète des partisans. On passe au vote : 19 voix pour la pêche à la buse ; 4 sont contre ; un membre s'est abstenu.


20 mars 1960 (P.35)

Ensuite est abordée la question qui soulèvera le plus de discussions au cours de cette assemblée générale : la limitation des prises journalières dans le lot de la société. Après une longue discussion le nombre de prises est limitée à 6 par vote donnant le résultat suivant : 43 votants - 15 pour - contre 0 - les autres membres s'étant abstenus. Le vote est justement destiné à freiner ceux qui font commerce du poisson au détriment de la collectivité. Et jusqu'à la fin de la réunion bien des membres donneront l'impression qu'ils n'ont pas compris le sens de ce vote qui a pour but de défendre leurs propres intérêts.
Comme chaque année Monsieur Turmel critique le lieu et la manière de procéder à l'alevinage ou de la mise à l'eau des truitelles. C'est une question qui l'intérésse tout particulièrement. Le secrétaire regrette que comme chaque année il discute sans jamais participer aux alevinages.

17 mars 1962 (P.39 et 40)

Le Président DEBRIS démissionne au terme de discussions assez vives concernant les répartitions d'alevinage … Le secrétaire ne parvient pas à garder la neutralité qui devrait être de mise pour un rapport d'assemblée. Il écrit :

"Les théories changent mais la critique systèmatique demeure…
C'est cette critique systèmatique qui amène le Président à faire part de sa démission.
La réception des gardes à chaque fois qu'ils viennent se fait au domicile du Président et à l'heure des repas en général, ce qui lui crée certains dérangements et certaines obligations.
Le président est sollicité continuellement par des membres qui en général n'assistent pas aux réunions mais qui entendent se servir du Président pour solutionner leurs problèmes.
C'est la question de pollution, de braconnage et c'est mille et mille choses qui font que la tâche du Président est une lourde tâche dont les membres n'apprécient pas toujours le dévouement. Quand la gratuité du dévouement, fait remarquer le secrétaire, va jusqu'à être mise en doute.

… Ambiance !

Pour finir l'histoire de la buse, un arrêté de l'Administrateur de la Marine interdit la pêche dans un rayon de 50 mètres de la buse.

Et 1968 ???

Février 1968 et février 1969… Rien ou presque. Les rapports d'Assemblée Générale sont d'une brièveté notoire. Seulement les comptes ou presque. L'époque n'est pas aux bavardages semble-t-il.

9 février 1970 (P.58)

Mr ALBERT indique qu'il a été délivré 442 permis à 35 nouveaux francs. Depuis 1953 ça progresse et visiblement la limitation à 300 cartes n'est plus à l'ordre du jour.
Les alevinages se poursuivent mais, nouveauté, il est aussi fait mention d'une contribution de Europe 1. Le mot "sponsor" n'était pas encore à la mode :
Il a été déversé 10 000 alevins fario par la Fédération au début de l'année. 300 truites fario de 0,25 et 2200 truites arc-en-ciel de 0,25 ont de plus été déversées à des intervalles de 15 à 21 jours dans les lots de la Société.
De plus Europe n°1 a offert quelques kilos de truites arc
-en-ciel qui ont été déversées dans la Ganzeville…

27 février 1972 (P.63)

Des saumons dans la Valmont !!!

Par ailleurs nous avons eu à déplorer la présence dans la Valmont de nombreux gardons et chevesnes et avons dû, pour les détruire, faire procéder à des pêches électriques. Ces opérations ont été menées par les spécialistes du Conseil Supérieur de la pêche et ont permis de détruire un grand nombre de ces poissons indésirables ainsi qu'une grosse quantité d'anguilles…. A signaler également la présence de 3 saumons, 1 mâle et 2 femelles de 0, 70 de longueur environ qui ont été relâchés après avoir été bagués.

La suite au prochain numéro.

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Assemblée constitutive le 14 février 1950